Cooper Hewitt : le musée du design de New York dans le manoir Carnegie

Mis à jour le 27/09/2026

Sur la 5e Avenue, juste en face de Central Park, un élégant manoir de brique et de pierre cache l'un des musées les plus originaux de New York. Bienvenue au Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum, le musée du design de la prestigieuse Smithsonian Institution ! Installé dans l'ancienne demeure du magnat de l'acier Andrew Carnegie, il vous invite à explorer la création sous toutes ses formes : mobilier, papiers peints, textiles, graphisme, objets du quotidien et même logiciels. Une visite qui a le charme d'une maison de famille et l'esprit d'un véritable laboratoire d'idées.

 

Sur le Museum Mile de la 5e Avenue, ce musée à taille humaine ne ressemble à aucun autre : ici, les œuvres sont présentées dans les pièces d'une vraie maison, avec ses boiseries, ses cheminées et son grand jardin. Suivez le guide : histoire, secrets du manoir, trésors des collections et conseils pratiques, on vous dit tout !

L'histoire du Cooper Hewitt, un musée né de l'idée de trois sœurs

Les sœurs Hewitt et le modèle parisien

Tout commence en 1895. Trois petites-filles de Peter Cooper, industriel et homme politique new-yorkais, fondateur de l'école Cooper Union, s'appellent Sarah Cooper Hewitt, Eleanor Garnier Hewitt et Amy Hewitt Green. Elles demandent à la Cooper Union de leur confier un espace pour créer un musée consacré aux arts décoratifs. Leur source d'inspiration ? Le musée des Arts décoratifs de Paris ! Les sœurs imaginent un lieu où les étudiants de l'école et les créateurs professionnels pourraient étudier de près de vraies collections d'objets.

Le musée ouvre ses portes en 1897 sous le nom de Cooper Union Museum for the Arts of Decoration, au quatrième étage du Foundation Building de la Cooper Union. Il est alors gratuit et ouvert au public trois jours par semaine. Les sœurs Hewitt y donnent une partie de leurs propres objets et dirigent l'institution jusqu'au décès de Sarah, en 1930.

Du sauvetage de 1963 à la Smithsonian Institution

Dans les années 1950 et 1960, le musée décline : il est difficile à trouver, ses salles sont jugées trop petites et la Cooper Union n'a plus les moyens de le financer. En juin 1963, l'école annonce son intention de le fermer, ce qu'elle fait le 3 juillet. Levée de boucliers immédiate ! Un comité de sauvegarde se forme autour d'Henry Francis du Pont, tandis que le Metropolitan Museum of Art propose de reprendre les collections. Le musée rouvre à la mi-septembre 1963, mais son avenir reste très incertain.

La solution vient finalement de Washington. Le 9 octobre 1967, la Smithsonian Institution signe un accord pour récupérer la collection et la bibliothèque du musée, qui devront rester à New York de façon permanente. Le transfert devient officiel le 1er juillet 1968. En 1969, la Smithsonian loue le Carnegie Mansion, cinq fois plus vaste que les anciennes salles de la Cooper Union, avant d'en devenir propriétaire en 1972 grâce à un don de la Carnegie Corporation of New York. Le musée devient ainsi le tout premier musée de la Smithsonian installé en dehors de Washington.

Un musée sans cesse réinventé

Après d'importants travaux, le musée ouvre au public dans le manoir le 7 octobre 1976, avec une exposition baptisée « MAN transFORMs ». À l'époque, c'est le seul musée des États-Unis exclusivement consacré au design. Il change plusieurs fois de nom au fil des années, avant d'adopter en 2014 son appellation actuelle : Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum.

De 2011 à 2014, le musée ferme ses galeries pour une rénovation d'ampleur, mais sans rester inactif : il organise des expositions hors les murs, notamment au siège des Nations unies et sur Governors Island. Le chantier restaure les décors historiques du manoir tout en faisant passer la surface d'exposition d'environ 930 m² à près de 1 600 m², avec la création d'une grande galerie au dernier étage d'exposition. Le musée rouvre le 12 décembre 2014, 112 ans jour pour jour après l'emménagement de la famille Carnegie dans la maison. Joli clin d'œil !

Le Carnegie Mansion, la demeure historique qui abrite le Cooper Hewitt

« La maison la plus modeste de New York »

Andrew Carnegie, né en Écosse en 1835 et arrivé enfant aux États-Unis, a bâti sa fortune avec la Carnegie Steel Company. En 1898, il achète des terrains sur la 5e Avenue, volontairement bien plus au nord que les demeures des autres grandes fortunes, installées pour la plupart autour des rues 50. Ce choix lui permet d'aménager un vaste jardin, l'un des rares espaces verts privés et clos de Manhattan. Carnegie surnomme lui-même le secteur « les Highlands de la 5e Avenue ».

Le cabinet Babb, Cook & Willard, retenu en 1899 après une mise en concurrence, reçoit une consigne claire : Carnegie ne veut pas d'un palais, mais de « la maison la plus modeste, la plus simple et la plus spacieuse de New York ». Il refuse même d'y inclure une salle de bal ! Le résultat, achevé en 1902, est un manoir néo-géorgien de 64 pièces, inspiré des maisons de campagne anglaises. Modeste, vraiment ? À vous de juger ! Andrew Carnegie, son épouse Louise et leur fille unique Margaret y emménagent le 12 décembre 1902. Louise y vivra jusqu'à sa mort, en 1946.

Une maison à la pointe de la technologie

Derrière ses façades sages, le manoir est une petite merveille d'innovation. C'est la première résidence privée des États-Unis construite avec une ossature en acier, ce qui n'étonnera personne de la part d'un roi de l'acier. La maison est aussi l'une des premières de New York équipée d'un ascenseur Otis pour passagers, aujourd'hui conservé au National Museum of American History de Washington. Chauffage central, système de refroidissement de l'air, thermostat dans chaque pièce, standard téléphonique : Carnegie ne se refusait rien en matière de confort moderne.

Le plus insolite se cachait au sous-sol : un chemin de fer miniature transportait le charbon depuis la réserve jusqu'à d'énormes chaudières jumelles. Anecdote savoureuse : les employées de maison, qui n'avaient pas le droit de sortir le soir, utilisaient ces vastes espaces comme piste de patins à roulettes !

Les pièces à ne pas manquer

En arrivant par la 91e rue, levez les yeux vers l'auvent de verre qui protège la porte principale : il a été dessiné par Louis Comfort Tiffany. Vous découvrez ensuite le grand hall, dont les murs et le plafond à caissons sont en chêne ; Carnegie avait refusé le marbre et les tapisseries qu'on lui proposait. À l'extrémité est de ce hall trônait autrefois un orgue de 3 000 tuyaux, sur lequel un organiste jouait chaque matin au petit déjeuner. La maisonnée comptait aussi un joueur de cornemuse : Écosse oblige !

Côté ouest, ne manquez pas la bibliothèque décorée par l'artiste Lockwood de Forest, seul intérieur de sa création encore conservé à son emplacement d'origine, avec ses boiseries de chêne et ses inscriptions dorées, dont de nombreuses citations de poètes écossais. Juste à côté, observez la porte de l'ancien bureau de Carnegie : elle ne mesure qu'environ 1,80 m de haut, afin de ne pas souligner la petite taille du maître des lieux, qui mesurait 1,57 m. Ironie de l'histoire, l'homme qui a financé plus de 1 500 bibliothèques publiques à travers les États-Unis se servait rarement de la sienne !

Au sud, dans la salle à manger, les Carnegie avaient une tradition originale : ils demandaient parfois à leurs convives de signer la nappe, puis faisaient broder les signatures. Mark Twain, Marie Curie et plusieurs présidents américains s'y sont prêtés. Juste à côté, le jardin d'hiver de verre et de fer apporte une touche de lumière à la visite. À l'étage, l'ancienne chambre de Margaret a accueilli de 2014 à 2024 l'Immersion Room, une salle interactive où l'on projetait les papiers peints de la collection du sol au plafond.

Carnegie Hill, un quartier né autour d'une maison

 

L'arrivée de Carnegie a transformé tout le secteur. Pour protéger la valeur de sa propriété, il ne revend les terrains voisins qu'il possède qu'à des acheteurs prêts à bâtir des demeures aussi soignées que la sienne. Le quartier prend alors le nom de Carnegie Hill, qu'il porte encore aujourd'hui. Le manoir est inscrit comme National Historic Landmark en 1966, puis désigné monument de la ville de New York en 1974.

La maison mène aussi une petite carrière au cinéma. Elle apparaît notamment dans Marathon Man, où elle tient le rôle d'une ambassade, dans Arthur ou encore dans Working Girl. Avis aux cinéphiles !

Les collections du Cooper Hewitt : du dessin ancien au design numérique

Plus de 200 000 objets à découvrir

Avec plus de 200 000 objets, les collections du musée Cooper Hewitt comptent parmi les plus importantes au monde dans le domaine du design et des arts décoratifs. Elles sont réparties en cinq départements : dessins, estampes et design graphique ; design de produits et arts décoratifs ; textiles ; revêtements muraux ; et numérique, l'un des domaines de collecte les plus récents.

La collection de papiers peints et de revêtements muraux est la plus importante d'Amérique du Nord. Le musée conserve aussi la plus grande collection au monde d'œuvres sur papier de Frederic Edwin Church, peintre de l'Hudson River School, ainsi que de nombreux dessins de Winslow Homer. Et les amateurs d'objets du quotidien seront surpris : boîtes d'allumettes, sacs de courses, boutons, serrures et clés côtoient porcelaines, meubles et textiles anciens.

Quelques trésors étonnants

Parmi les pièces les plus curieuses, repérez la chaise en acier créée par Peter Cooper lui-même, la toute première chaise en acier fabriquée aux États-Unis, ou encore une chaise utilisée par Abraham Lincoln lors d'une visite à la Cooper Union. Plus près de nous, un fauteuil en carton imaginé par Frank Gehry illustre l'audace du design contemporain. Le musée a également reçu du designer Henry Dreyfuss et de son épouse Doris quelque 30 000 symboles internationaux.

Certaines histoires semblent sorties d'un roman. En 2002, un rare dessin du XVIe siècle de Michel-Ange a été identifié dans les collections ; il avait été acquis en 1962 pour une somme dérisoire. Autre anecdote très pop : la Rolls-Royce psychédélique de John Lennon a appartenu au musée, après avoir été offerte par Lennon et Yoko Ono en 1978, avant d'être vendue aux enchères chez Sotheby's en 1985.

Un pionnier du musée interactif

Le Cooper Hewitt s'est aussi distingué par son goût pour l'innovation numérique. En 2014, il a dévoilé une nouvelle identité graphique signée Pentagram et une police de caractères créée spécialement pour lui, en open source, que chacun peut télécharger et modifier librement. De 2015 à 2022, les visiteurs recevaient un stylet interactif, surnommé « the Pen », qui permettait de « collectionner » les objets en touchant leurs cartels et de dessiner sur des tables tactiles, puis de retrouver toute sa visite en ligne une fois rentré chez soi.

Le musée a même fait entrer un logiciel dans ses collections : en 2013, il a acquis le code de Planetary, une application iOS qui transforme des morceaux de musique en visualisations graphiques, avant de rendre ce code public.

Visiter le Cooper Hewitt : infos pratiques et conseils

Le jardin Arthur Ross, une pause verte

C'est l'un des grands atouts du lieu : le jardin privé voulu par les Carnegie, rebaptisé Arthur Ross Terrace and Garden en 1991. Dessiné en 1901 par Richard Schermerhorn Jr., il a été repensé par l'agence du paysagiste Walter Hood et rouvert en 2015. Rocaille évoquant la géologie de Carnegie Hill, cerisiers et rhododendrons faisant écho aux couleurs de Central Park, allée en pente douce, tables et chaises : l'endroit est idéal pour souffler entre deux salles. Dès 1911, Carnegie laissait d'ailleurs les enfants du quartier venir y jouer !

Le musée dispose aussi d'un café et d'une boutique de design, parfaite pour dénicher un souvenir original. Les conditions d'accès au jardin pouvant évoluer, vérifiez-les sur le site officiel.

Préparer votre visite

Contrairement aux autres musées de la Smithsonian Institution, le Cooper Hewitt est payant. Le plus simple est de réserver votre billet en ligne sur le site officiel, où vous trouverez aussi les jours d'ouverture et le programme des expositions temporaires, qui se renouvellent régulièrement : deux visites ne se ressemblent jamais vraiment. Si vous prévoyez d'enchaîner plusieurs musées, jetez un œil à notre comparatif pour savoir quel pass choisir pour visiter New York, et parcourez notre sélection des musées à visiter à New York.

Comment se rendre au Cooper Hewitt

Le musée se trouve dans l'Upper East Side, sur la 91e rue Est, entre la 5e Avenue et Madison Avenue, à deux pas de Central Park. En métro, le plus pratique est de prendre les lignes 4, 5 ou 6 jusqu'à la station 86th Street, sur Lexington Avenue. De là, remontez vers le nord jusqu'à la 91e rue, puis marchez vers l'ouest en direction de Central Park en traversant Park Avenue puis Madison Avenue : comptez une dizaine de minutes à pied. La ligne 6 dessert aussi la station 96th Street, sur Lexington Avenue. En bus, les lignes M1, M2, M3 et M4 s'arrêtent sur la 5e Avenue au niveau des 90e et 92e rues dans le sens nord, et sur Madison Avenue à la hauteur de la 91e rue dans le sens sud ; la ligne transversale M96 dessert Madison Avenue à la 94e rue. L'entrée principale donne sur la 91e rue, et une seconde entrée s'ouvre sur la 90e rue, côté jardin.

Adresse : 2 E 91st St, New York, NY 10128



Voir la carte en plein écran sur OpenStreetMap

Repère facile : la grille et les arbres du jardin longent la 5e Avenue, et l'église Church of the Heavenly Rest se dresse juste en face du musée, de l'autre côté de la 90e rue.

Combiner votre visite sur le Museum Mile

Le musée Guggenheim se trouve à une rue au sud, tandis que le Jewish Museum, installé dans l'ancienne demeure de Felix M. Warburg, est à une rue au nord. En descendant la 5e Avenue, vous rejoindrez le Metropolitan Museum of Art. Et pour une pause entre deux musées, Central Park est juste de l'autre côté de l'avenue.

Pour consulter les expositions en cours et réserver vos billets, rendez-vous sur le site officiel du Cooper Hewitt. Entre l'histoire des Carnegie et des collections qui célèbrent l'ingéniosité humaine, le Cooper Hewitt New York mérite sa place dans votre programme, que vous soyez passionné de design ou simplement curieux !

 


Article co-rédigé avec l'aide d'une IA, vérifié et enrichi par notre équipe.