Musée d'histoire naturelle de New York : dinosaures, baleine bleue et planétarium

Mis à jour le 16/10/2026

Un dinosaure dressé sur ses pattes arrière pour vous accueillir, une baleine bleue grandeur nature suspendue au plafond, une météorite de plus de 30 tonnes, un saphir volé lors d'un cambriolage digne d'un film et un planétarium logé dans une sphère géante : bienvenue à l'American Museum of Natural History ! Face à Central Park, ce temple des sciences fait le bonheur des petits comme des grands depuis plus de 150 ans. Suivez le guide pour découvrir son histoire, ses salles incontournables et tous nos conseils pour préparer votre visite.

 


L'histoire du musée d'histoire naturelle de New York

D'un rêve de naturaliste à Manhattan Square

Tout commence en 1861 avec Albert S. Bickmore, un jeune naturaliste qui étudie alors au musée de zoologie comparée de Louis Agassiz. Il rêve d'un grand musée d'histoire naturelle à New York et part convaincre les notables de la ville. Parmi eux, un soutien de poids : Theodore Roosevelt Sr., le père du futur président des États-Unis. Le 6 avril 1869, le gouverneur de l'État de New York signe la loi qui donne naissance au musée d'histoire naturelle de New York.

Les premières collections sont présentées à partir du 22 mai 1871 dans l'Arsenal, un bâtiment situé dans Central Park, dont le musée occupe les deux derniers étages. Mais l'institution voit déjà plus grand. La première pierre de son propre bâtiment est posée en 1874 sur Manhattan Square, l'actuel Theodore Roosevelt Park, juste en face de Central Park. Il est inauguré le 22 décembre 1877 en présence du président Rutherford B. Hayes. Ses architectes, Calvert Vaux et Jacob Wrey Mould, ne sont pas des inconnus : ce sont eux qui ont dessiné le tout premier bâtiment du Metropolitan Museum of Art, de l'autre côté du parc.

Un géant des sciences

Depuis, le musée n'a jamais cessé de s'agrandir. Il forme aujourd'hui un ensemble d'une vingtaine de bâtiments reliés entre eux, qui totalisent plus de 232 000 m² et abritent 45 salles d'exposition permanentes. Ses collections comptent environ 32 millions de spécimens : fossiles, animaux naturalisés, minéraux, météorites, objets ethnographiques… Seule une infime partie peut être exposée.

Car l'American Museum of Natural History n'est pas qu'un lieu d'exposition : c'est aussi un grand centre de recherche, avec plus de 200 scientifiques à plein temps et plus d'une centaine d'expéditions sur le terrain chaque année. Côté public, il attire environ cinq millions de visiteurs par an.

Le mémorial Theodore Roosevelt

Sur Central Park West, l'entrée principale du musée prend des allures de temple romain. Construite entre 1929 et 1935 d'après les plans de John Russell Pope, elle constitue le mémorial officiel de l'État de New York à Theodore Roosevelt, qui fut gouverneur de l'État avant de devenir le 26e président des États-Unis. Elle a été inaugurée en 1936 par un autre président de la famille, Franklin D. Roosevelt.

À l'intérieur, la salle du mémorial retrace le parcours de Roosevelt, du jeune naturaliste passionné au président qui a fait de la protection de la nature une grande cause. La statue équestre qui se dressait devant l'entrée a été retirée en 2022 et confiée en prêt de longue durée à la bibliothèque présidentielle Theodore Roosevelt, dans le Dakota du Nord.

Une star de cinéma

Si le musée vous semble familier, c'est peut-être grâce au cinéma. Il sert de décor à La Nuit au musée, la comédie de Shawn Levy sortie en 2006, dans laquelle Ben Stiller incarne un gardien de nuit confronté à des pensionnaires qui reprennent vie une fois les portes fermées. Le film est adapté d'un livre pour enfants de Milan Trenc, paru en 1993. Détail amusant : les scènes d'intérieur ont été tournées dans un décor reconstitué en studio, près de Vancouver, au Canada. Le succès a été tel que le musée a attribué au film une hausse de près de 20 % de sa fréquentation pendant les vacances de fin d'année qui ont suivi sa sortie.

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Les dinosaures de l'American Museum of Natural History

Le Barosaurus de la rotonde Theodore Roosevelt

Dès l'entrée par Central Park West, la scène vous coupe le souffle. Au centre de la rotonde, un immense Barosaurus se dresse sur ses pattes arrière pour protéger son petit d'un Allosaurus qui attaque. Le musée le présente comme le plus haut squelette de dinosaure monté en position autonome au monde. La rencontre est imaginée, et les os sont des moulages réalisés d'après de vrais fossiles : les originaux seraient bien trop lourds pour tenir dans cette posture spectaculaire.

Le Titanosaure, un géant de 37 mètres

Autre poids lourd du musée, le Titanosaure occupe le centre d'orientation Miriam et Ira D. Wallach. Long de 37 mètres (122 pieds), ce squelette a été réalisé à partir des fossiles de Patagotitan, un dinosaure géant découvert en Argentine : c'est un ouvrier agricole qui, en 2010, a repéré le premier fragment de fémur dans le désert de Patagonie. Installée en 2016, la reconstitution est accompagnée de vrais fossiles, dont un fémur, une vertèbre et des os de bassin.

T. rex, Triceratops et compagnie

Les salles de fossiles forment un véritable parcours à travers l'évolution des vertébrés. Dans la salle des dinosaures saurischiens trônent le célèbre Tyrannosaurus rex et l'Apatosaurus, aux côtés d'une piste d'empreintes fossilisées. La salle voisine, consacrée aux ornithischiens, réunit Triceratops, Stegosaurus et Corythosaurus. Plus loin, les salles des mammifères vous font croiser un mammouth et retracent l'évolution du cheval, tandis que la salle Anne et Bernard Spitzer raconte l'histoire de la famille humaine.

Le musée a une longue histoire avec le T. rex : c'est l'un de ses paléontologues, Barnum Brown, surnommé « Mr. Bones », qui a découvert en 1902 dans le Montana les premiers restes documentés de ce prédateur devenu légendaire.

Les autres trésors du musée d'histoire naturelle

La baleine bleue de la salle de la vie océanique

C'est l'autre star incontestée du musée. Dans la salle Milstein de la vie océanique, une baleine bleue de 29 mètres de long est suspendue au-dessus des visiteurs depuis 1969. Il s'agit d'un modèle, mais ses dimensions donnent une idée saisissante de la taille du plus grand animal de la planète. Tout autour, les dioramas plongent dans les profondeurs, dont le célèbre diorama « le calmar et la baleine ».

Des dioramas centenaires

Les dioramas sont l'une des grandes fiertés du musée. Dans la salle Akeley des mammifères d'Afrique, achevée en 1936, 28 dioramas s'organisent autour d'un impressionnant groupe de huit éléphants d'Afrique. La salle porte le nom de Carl Akeley, qui a joué un rôle clé dans sa création. Les amateurs d'oiseaux, eux, ne manqueront pas la salle des oiseaux d'Amérique du Nord : ouverts en 1909, ses dioramas sont les plus anciens encore exposés au musée.

 

La salle de la biodiversité présente quant à elle une reconstitution de la forêt tropicale de Dzanga-Sangha, avec plus de 160 espèces. Et dans la salle des reptiles et amphibiens, vous pourrez saluer George le Solitaire, le dernier représentant connu des tortues de l'île Pinta.

Les météorites et l'impressionnant Ahnighito

Au rez-de-chaussée, la salle Arthur Ross des météorites expose plus de 130 spécimens, dont des fragments de Mars et des roches lunaires rapportées par les missions Apollo. La vedette est Ahnighito, le plus gros fragment de la météorite du cap York, qui pèse environ 31 tonnes. Découvert au Groenland, où les Inuits travaillaient depuis des siècles le fer de ces météorites pour fabriquer outils et harpons, il a été rapporté en 1897 par l'explorateur Robert Peary, puis vendu au musée. Il est si lourd que ses supports descendent jusqu'au socle rocheux sous le bâtiment ! C'est la plus lourde météorite jamais déplacée par l'homme.

Les gemmes et minéraux, et l'étonnant vol de l'Étoile de l'Inde

Rénovées et rouvertes en 2021, les salles Allison et Roberto Mignone des gemmes et minéraux exposent plus de 5 000 spécimens provenant de 98 pays. On y admire une géode d'améthyste d'environ cinq tonnes, l'émeraude Patricia et ses 632 carats, restée non taillée, ou encore la « pierre chantante », un bloc d'azurite et de malachite qui émettait des sons aigus selon l'humidité de l'air.

Mais la pièce la plus célèbre est l'Étoile de l'Inde, un saphir étoilé de plus de 563 carats originaire du Sri Lanka, offert au musée par J. P. Morgan avec sa collection. Le 29 octobre 1964, elle est dérobée par une bande de cambrioleurs, dont Jack Murphy, surnommé « Murph the Surf ». Les voleurs sont arrêtés en deux jours, mais les pierres ont déjà disparu. Il faudra attendre janvier 1965 pour que l'un d'eux conduise les enquêteurs jusqu'à un casier de consigne d'une gare routière de Miami, où le saphir est retrouvé.

Le Rose Center et le planétarium Hayden

Côté 81e Rue, le Rose Center for Earth and Space est un cube de verre de six étages dessiné par James Polshek et Todd Schliemann, ouvert en 2000. En son centre flotte la sphère Hayden, haute de 27 mètres, qui abrite le célèbre planétarium Hayden, héritier de celui inauguré en 1935, ainsi que le Big Bang Theater. Autour de la sphère, une rampe en spirale, le Heilbrun Cosmic Pathway, déroule l'histoire de l'univers depuis le Big Bang.

Petite anecdote : à son ouverture, le Rose Center présentait un modèle du système solaire avec seulement huit planètes, sans Pluton. Ce choix, révélé par le New York Times en 2001, a déclenché un vif débat public et une belle agitation médiatique.

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Le Gilder Center, la nouvelle aile spectaculaire

Inauguré le 4 mai 2023, le Richard Gilder Center for Science, Education, and Innovation est l'œuvre de l'agence Studio Gang, dirigée par l'architecte Jeanne Gang. Son atrium baigné de lumière, aux murs ondulants traversés de ponts et de cavités, s'inspire des formes sculptées dans la nature par le vent, l'eau et la glace. Clin d'œil à l'histoire du musée : son béton projeté reprend la technique du « shotcrete », inventée par Carl Akeley, celui-là même qui a donné son nom à la salle des mammifères d'Afrique.

Le Gilder Center crée plus de 30 connexions entre dix bâtiments du musée et abrite de nouvelles merveilles : une collection visible de plus de 3 000 objets répartis sur trois niveaux, un insectarium avec l'une des plus grandes colonies de fourmis coupeuses de feuilles présentées au monde, et le vivarium à papillons Davis, où volent environ 80 espèces.

Préparer votre visite au musée d'histoire naturelle de New York

Comment se rendre à l'American Museum of Natural History

Le musée se trouve dans l'Upper West Side, sur Central Park West, entre la 77e et la 81e Rue. Le plus simple est de prendre le métro C, ou le B en semaine, jusqu'à la station 81st Street–Museum of Natural History, juste à côté du musée. La ligne 1 s'arrête à la station 79th Street, sur Broadway, à deux blocs à l'ouest. Attention, la station 81st Street n'est pas accessible en fauteuil roulant : la station accessible la plus proche est 72nd Street (lignes 1, 2 et 3), d'où le bus M7 remonte vers le musée. Côté bus, le M79 s'arrête sur la 81e Rue, à côté du musée, et les lignes M7, M10, M11, M86 et M104 desservent aussi le quartier. Pour vous repérer facilement, consultez notre guide pour se déplacer à New York.

Le musée compte plusieurs entrées : l'entrée monumentale du mémorial Roosevelt sur Central Park West à hauteur de la 79e Rue, l'entrée du Rose Center sur la 81e Rue et celle du Gilder Center sur Columbus Avenue, ces deux dernières étant accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Adresse : 200 Central Park West, New York, NY 10024



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Billets et formules

Le billet d'entrée générale donne accès à plus de 40 salles permanentes et à plusieurs expositions. Certaines attractions demandent un billet supplémentaire avec un créneau horaire : c'est le cas du vivarium à papillons, de l'expérience immersive Invisible Worlds au Gilder Center, du spectacle du planétarium Hayden et des grandes expositions temporaires. Des formules combinées permettent d'ajouter une ou toutes ces attractions à l'entrée générale.

Les résidents de l'État de New York peuvent payer le montant de leur choix pour l'entrée générale, sur présentation d'un justificatif ; les autres visiteurs paient un tarif fixe. L'entrée est gratuite pour les enfants de moins de 3 ans. Le musée fait aussi partie des sites inclus dans le CityPASS : de quoi comparer avec les autres options présentées dans notre article quel pass choisir pour visiter New York.

Nos conseils pour réussir votre visite

Avec 45 salles permanentes, impossible de tout voir en une seule fois ! Choisissez vos priorités : dinosaures, baleine bleue et Gilder Center forment un trio gagnant pour une première visite. Achetez vos billets à l'avance pour entrer plus vite, et téléchargez l'application gratuite Explorer, qui vous guide pas à pas dans le dédale des salles, y compris par des itinéraires accessibles avec ascenseurs. Côté restauration, le musée propose un food court au sous-sol, plusieurs cafés et un restaurant au Gilder Center ; en revanche, on ne mange pas dans les salles. Les perches à selfie et les trépieds ne sont pas autorisés. Pensez aussi à vérifier les horaires et les éventuelles fermetures de salles sur le site officiel de l'American Museum of Natural History avant de partir. Le musée est fermé à Thanksgiving et à Noël.

En famille, c'est l'une des visites préférées des enfants : dinosaures, insectes vivants et papillons font mouche à tous les coups. Retrouvez d'autres idées dans notre guide pour visiter New York avec des enfants.

Que faire autour du musée ?

Juste à côté, sur Central Park West, le New York Historical, le plus ancien musée de la ville, raconte l'histoire de New York et des États-Unis. En face, Central Park vous tend les bras pour une balade bien méritée. Et si l'art vous tente, traversez le parc pour rejoindre le Metropolitan Museum of Art, sur la Cinquième Avenue.

Passionné de paléontologie, curieux d'astronomie ou simplement en quête d'émerveillement, vous ressortirez du musée d'histoire naturelle de New York des étoiles plein les yeux. Une étape incontournable de tout voyage à New York !

 

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